ARGUMENT
01 sept. 11
Internet n'oublie rien. Les adolescents risquent de regretter plus tard ce qu'ils écrivent aujourd'hui. A 15 ans on veut tout tout de suite et on ne pense pas à ce que sera la vie une fois adulte.

Si vous avez un compte sur Facebook il est probable que le sujet vous a déjà tarabiscoté : qui peut consulter vos informations? que faire lorsqu'un de vos amis publie sur votre profil une photo de beuverie? que faut-il partager et avec qui? Pourtant, selon Josh Freed, éditorialiste canadien, nous ne sommes pas tous égaux devant ces questions. Là où la génération des "parents" est plutôt paranoïaque lorsqu'il s'agit de diffuser des données personnelles, celle des "enfants" semble totalement desinhibée et n'hésite pas à s'afficher, à dévoiler son intimité, à s'exhiber sur Facebook, MySpace ou Twitter, bref, ne connaît pas Big Brother et s'en fout. C’est la plus importante fracture générationelle depuis des décennies, affirme Freed.
Internet n'oublie rien. Les adolescents risquent de regretter plus tard ce qu'ils écrivent aujourd'hui. A 15 ans on veut tout tout de suite et on ne pense pas à ce que sera la vie une fois adulte.
Les intérêts financiers sont devenus trop importants. Tous les acteurs du web ont intérêt à fliquer votre passage sur le net pour pouvoir vous vendre plus de produits : Microsoft sur votre ordinateur, Google lorsque vous faites une recherche, Amazon, Facebook, etc... En face, aucune loi applicable à l'ensemble du web et des internautes qui pour plus de commodité ont décidé d'ignorer le problème.
Les jeunes générations qui n'ont pas connu l'occupation, Mc Carthy, le bloc de l'Est, sont totalement inconscientes. L'histoire peut se reproduire.
Une peur atavique
Certaines photos peuvent effectivement poser problème plus tard, mais la moindre photo compromettante ne met pas en danger celui qui est montré, car tout le monde en a plus ou moins une. Il faut juste que ce nombre soit limité et que la chose compromettante ne soit pas trop grave. De plus l'âge jouera certainement un rôle, je pense que les employeurs accepteront une photo sur facebook où on nous voit saoule a 18ans si on demande un emploi à 25ans par exemple. L'histoire nous le montrera...
En nous demandant s'il est bien raisonnable de diffuser des photos ou des commentaires qui concernent, par exemple, une soirée bien arrosée, nous prenons le problème à l'envers. Nous considérons que ces photos constituent de simples témoignages de l'activité que nous avons eue, mais ce n'est plus le cas. Partager et montrer sur le net sont devenus des activités à part entière et on peut même se demander si elles n'ont pas plus d'importance pour la nouvelles génération que les activités "réelles". A quoi bon aller à une soirée si on ne peut pas le lendemain la commenter avec ses amis sur Facebook?
C'est la thèse défendue par certains chercheurs américains. La désinhibition des jeunes sur Internet serait une façon de bousculer le carcan dans lequel ils ont grandi.
Aux Etats-Unis, un adolescent sur cinq, et un jeune adulte sur trois, ont déjà envoyé des photos ou vidéos d’eux-mêmes, nus ou à moitié nus, par l’internet ou le téléphone mobile.