Depuis quelques jours, plusieurs centaines de travailleurs sans papiers occupent les marches de l'Opéra-Bastille, à Paris. Soutenus par la CGT, ils sont en grève depuis octobre 2009 et réclament une nouvelle circulaire permettant leur régularisation par le travail. Un dispositif de régularisation pour motif professionnel existe pourtant depuis fin 2009 mais les sans-papiers et leur collectif contestent son efficacité, dénoncent son caractère "vide et flou" et s'opposent au pouvoir discrétionnaire des préfets.
Ces critiques d'un dispositif existant semblaient plutôt raisonnables et mesurées mais c'était sans compter avec la récupération politique. C'est que le débat sur la régularisation se prête assez bien à toutes les démagogies. D'un coté les démagogies de la peur qui brandissent le risque d'ouverture massive des frontières et le chômage, de l'autre celles de la culpabilisation qui instrumentalisent les conditions de vie des clandestins au profit d'autres intérêts politiques.