La perte du AAA serait d'abord une terrible nouvelle pour la France, notre pays va payer très lourdement les conséquences de cette décision. C'est un triple échec pour Nicolas Sarkozy : échec de sa politique économique depuis 5 ans qui a a mené la France dans cette situation, échec de la gestion de la crise, et échec social. Nous ne sommes pas égaux devant la crise, la France est particulièrement visée parce qu'elle a accru sa dette de façon inconsidérée par un laxisme fiscal que nous n'avons cessé de dénoncer.
Perte du triple A : c'est grave docteur?
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L'agence américaine Standard & Poor's devrait, après la clôture de Wall Street, abaisser la note souveraine de la France , ainsi que celle de la majorité des pays de la zone euro. Italie, Espagne et Portugal, eux, seraient dégradés de deux crans. Les Pays-Bas, l'Allemagne et Luxembourg et Finlande seraient épargnés.
Cela fait des mois qu'on en parle ; les marchés dit-on ont intégré cette dégradation depuis longtemps. Cet abaissement marque-t-il l'échec de la France face à la crise? Quelles sont exactement les conséquences?
Les enjeux du débat
Les arguments du débat
Homme politique
Notre pays va payer très lourdement les conséquences de cette décision
Président de la République
Deux agences sur trois confirment le triple A
POUR
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Notre pays va payer très lourdement les conséquences de cette décisionARGUMENT 13 janv. 12
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Cette dégradation va avoir des conséquences lourdes pour la survie de l'euroARGUMENT 13 janv. 12
Tout le monde nous l'avait dit, c'était clair : on ne l'a pas fait on est puni. J'enrage contre cette dégradation (ndlr : la France perd son triple A), car elle était prévisible, donc évitable.
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La dette de la France est de plus de 1.600 milliards d'euros. Le montant des intérêts est supérieur au plus gros budget de l'Etat. Et ce n'est pas fini : la France devra emprunter près de 180 milliards d'euros pour son financement public en 2012.
La poursuite de la hausse des taux d'intérêts signifierait une nouvelle réduction des marges de manœuvre du gouvernement. Notamment pour réformer l'Etat, relancer l'investissement et mettre en place une économie compétitive. Sans quoi il est impossible pour la France de retrouver une croissance suffisante pour réduire sa dette !
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C'est un avertissement pour les créanciers de la France. Le triple A, décerné par les agences de notation comme Standard and Poor's, indiquait que le risque de non-remboursement de la dette française était quasi nul. Rassurant pour les investisseurs à la recherche de placements sûrs, qui acceptaient de lui prêter à taux bas. Vont-ils désormais réclamer des taux supérieurs pour couvrir ce risque ?
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Si on perd le triple A, je suis mortARGUMENT 13 janv. 12
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Nicolas Sarkozy est maintenant au pied du mur, ce n'est plus le temps des mesurettesARGUMENT 13 janv. 12
Ce matin, tout le monde débattait d'une inscription du mariage homosexuel dans le projet de Nicolas Sarkozy et maintenant, nous perdons le triple A... Je souligne le décalage dans l'urgence des décisions à prendre.
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L'agence de notation Standard & Poors déclare la guerre de la finance contre la France. Il faut résister.ARGUMENT 13 janv. 12
Se coucher devant la finance aiguise son appétit. La capitulation grecque l'a prouvé. Il faut rendre les coups. La Banque Centrale doit annoncer immédiatement qu'elle prêtera à la France à un taux très bas. Faute de quoi il faut suspendre les versement français au budget de l'Union européenne.
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La catastrophe est liée au pacte de stabilité européenARGUMENT 16 janv. 12
Parce que cette règle est écrite de telle manière que les taux exigés pour emprunter ne doivent pas être supérieurs au taux de croissance. Le déficit maximum est en effet calculé en fonction du PIB et non pas des recettes de l’Etat. Si le taux d’intérêt s’élève au dessus du taux de croissance le rapport dette / PIB se dégrade inéluctablement. Avec la perte du triple A qui fera monter les taux d’intérêt, pour ne pas aggraver « l’infraction » par rapport au pacte de stabilité, la France devra connaître un taux de croissance encore plus élevé. C’est une imbécillité totale. Sans ce pacte de stabilité financière le coup serait beaucoup moins grave.
L’Italie, par exemple, est désormais à des taux de 5 ou 6 %, avec un exigence de croissance impossible à satisfaire. Dans le même temps, la hausse des taux d’intérêts due à la perte du triple A va imposer un plan de rigueur qui va freiner la croissance. C’est ce que j’appelle l’effet ciseaux. D’un côté on fait baisser la croissance, ce qui conduit à une dégradation de la notation et la dégradation de la notation fait monter les taux d’intérêts. Plus il y a de rigueur, plus ça se dégrade. On a mis en place un machine infernale.
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Notre statut en Europe va souffrir symboliquement et donc politiquementARGUMENT 16 janv. 12
Toutes les déclarations optimistes et péremptoires de ces dernières mois sont donc cruellement démenties par les faits. C'est en réalité une double dégradation, à la fois de notre note souveraine, qui va affecter la réputation de notre pays mais aussi par rapport à notre principal voisin, l'Allemagne, avec qui jusqu'à maintenant nous mettions largement en scène notre égalité de statut. Notre statut en Europe va souffrir symboliquement et donc politiquement. En dépit des avertissements multiples, notamment sur les déficits et la dette, ces dernières années auront conduit à un affaiblissement de notre pays, non pas un affaiblissement venu de l'extérieur mais un affaiblissement continu dû à la situation intérieure de la France. Il y a une co-responsabilité de l'UMP et du PS et des gouvernements successifs;
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C'est la contribution de la France au FESF qui va être menacéeARGUMENT 16 janv. 12
Il faut bien apprécier les conséquences de cette perte: au delà du renchérissement du taux des emprunts que nous allons devoir contracter, c'est la contribution de la France au FESF, le seul mécanisme de sauvetage de la monnaie unique, qui va être menacée.
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Il y aurait des marges de manoeuvres plus étroites encoreARGUMENT 13 janv. 12
Je ne fais pas de spéculation, je ne fais pas de pronostic, ce n'est pas moi qui ai dit que ce serait la perte d'un trésor national, ce n'est pas moi qui ait dit non plus que ce serait pas un cataclysme comme un membre éminent du gouvernement vient de le confesser
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Quelques jours après la menace de déclassement de la France, Standard and Poor's a placé les banques françaises sous surveillance. Son exécution entrainera-t-elle une nouvelle dégradation du système bancaire ?
Là encore, les marchés ont sûrement anticipé. Les règles prudentielles européennes obligent les banques à détenir une proportion minimum de dette souveraine dans leur bilan, considérée il y a peu de temps comme un actif sûr.
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Les fonds de pension ne prendront aucun risque : ils se tourneront mécaniquement vers les actifs les mieux notésARGUMENT 13 janv. 12
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La perte, attendue, du triple A doit donc être considérée comme une bonne nouvelle pour la FranceARGUMENT 17 janv. 12
Enfin, on ne va plus pouvoir se contenter de craindre l’avenir. Enfin, on ne va plus pouvoir éviter de se prendre en main et on devra réagir. Tous ensemble. Au plus vite. Sans même attendre qu’un nouveau pouvoir se mette en place en juin.
En tout cas, j’espère que nous trouverons en nous même l’élan vital pour le vouloir. Comme nous l’avons trouvé dans d’autres moments dramatiques de notre Histoire.
Parce que la France en vaut la peine. Et parce que tous ceux qui l’ont amenée jusque là , en quinze siècles, ne nous pardonneraient pas de ruiner en dix ans un si bel héritage.
CONTRE
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Deux agences sur trois confirment le triple AARGUMENT 16 janv. 12
Vendredi, une agence a fait perdre le triple A ; lundi, une agence confirme que la France garde le triple A, deux agences sur trois [Fitch est la troisième, elle aussi a confirmé le triple A]. Il faut réagir à ces décisions avec sang froid et avec recul. Sur le fond des choses, ma conviction, c'est que cela ne change rien. Nous devons réduire nos déficits, réduire nos dépenses, nous devons améliorer la compétitivité de nos économies pour retrouver le chemin de la croissance.
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Ne nous faisons pas d'illusion : sur les marchés, la dette française n'est déjà plus AAAARGUMENT 13 janv. 12
Depuis l'été dernier, j'ai dit que le moment de vérité sur les finances publiques françaises viendra avec le projet de budget 2012. Dés la présentation du premier plan Fillon, fin août, j'ai estimé que ce budget n'était pas à la hauteur de la situation et ne changerait rien quant à la survie de la note Triple A de la France. Ne nous faisons pas d'illusion : sur les marchés, la dette française n'est déjà plus AAA. Quand on regarde l'évolution du spread France-Allemagne (l'écart sur les emprunts d'Etat à dix ans, passé de 40 à 120 points de base), la dette française correspond à une note BBB+. Ne faisons pas les choses pour une note perdue. Agissons non pas pour les seuls marchés financiers, mais pour rétablir l'économie française. De ce point de vue, le deuxième plan Fillon n'est pas plus à la mesure du problème que le premier. La raison est simple : nous avons perdu trop de temps et plus nous attendons, plus la marche d'escalier est infranchissable.
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Aujourd'hui, la France est une valeur sûreARGUMENT 13 janv. 12
Elle peut rembourser sa dette et les nouvelles concernant notre déficit sont meilleures que prévu.
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Il est possible, mais néanmoins très difficile, de regagner un triple A perdu. En Europe, le Danemark l'a fait en 2001, la Finlande en 2002 et la Suède en 2004, après avoir redressé leurs finances publiques. Le Canada ou l'Australie sont aussi parvenus à récupérer la précieuse note.
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La dégradation de la note de la France traduit l'échec de la politique du gouvernement et l'échec de la politique de Nicolas Sarkozy, de ses cadeaux fiscaux, et démontre que la politique d'austérité qui n'était pas demandée par les agences de notation de cette façon, a été inopérante. Plus que jamais, il est temps de redresser la barre, l'austérité ça ne sert à rien, comme on le voit en Grèce car alors le pays se bloque et l'économie se dégrade.
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Les marchés restent de marbre, la France réussit un empruntActualité 16 janv. 12
Les marchés sont restés de marbre lundi après la dégradation de neuf pays européens par l'agence de notation Standard and Poors, dont la France qui a perdu son triple A, une décision anticipée mais qui vient rappeler que la crise dans la zone euro est loin d'être réglée.
La suite: liberation.fr -
Si tous les pays de la zone sont dégradés d'un cran, c'est moins grave pour la FranceARGUMENT 13 janv. 12
....les investisseurs ne la délaisseront pas au profit de ses voisins
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Depuis le début de l'année, les investisseurs se focalisent moins sur les commentaires d'agences de notation, mais davantage sur la capacité des états sous pression (comme l'Italie et l'Espagne) à se refinancer.
Ca sera difficile à court terme pour les marchés mais, débarrassée de cette épée de Damoclès, la Bourse pourra repartir sur des bases plus saines et surtout plus sereines
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La perte du rating AAA par les Etats-Unis au début du mois d'août eut peu d'effets notables et durables au delà du symbole. Ainsi, les taux d'intérêt américains ne grimpèrent pas pour autant et le billet vert, indifférent, progressa même par rapport à l'euro et la plupart des autres monnaies.
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Tous les projets passeront encore plus sous le scanner de la rigueur budgétaire et d'une politique de compétitivité, car, comme le disent les agences, il faut à la fois serrer la vis et relancer la croissance par une politique de l'offre. Cette dernière suppose d'avoir le courage de faire comme Schröder en son temps avec son agenda 2010. Si nous, Français, faisons l'effort que les Allemands ont réalisé, nous pourrons rattraper le terrain perdu. En 1995, notre compétitivité était de 10 points supérieure à celle de l'Allemagne. En 2007, elle était de 10 points inférieure. Nous avons donc perdu 20 points, sous l'effet conjugué des 35 heures, mesure de la gauche, puis de la revalorisation du smic, mesure de la droite.
Un seul exemple. Nicolas Sarkozy annoncera des mesures « impopulaires ». Comment se faire élire dans l’impopularité ? Il y a là un tour de force sémantique qui défie toutes les lois de la politique.
Les courants les plus contestataires peuvent-ils profiter de la situation, comme l’assure la thèse en vogue depuis ce matin ? Ce serait trop facile de l’imaginer comme une certitude. L’opinion publique n’a jamais été aussi méfiante à l’égard des responsables politiques. Le discours suscite davantage de scepticisme que d’adhésion. C’est la confiance qui manque, ce qui n’étonnera personne après trois décennies de propos mensongers sur le volontarisme politique.
Faut-il que l'époque soit folle, qu'elle ait perdu ses repères et ses boussoles, pour que cette affaire de retrait du triple A de la France par une des trois grandes agences de notation ait pris une telle ampleur ?
La suite: lepoint.frLa perte du triple A de la France pourrait, si l’on s’y prend bien, devenir une très bonne nouvelle. Elle pourrait constituer le déclic, en soi dérisoire, qui nous fera enfin comprendre la gravité de la situation, nous indigner contre elle et refuser de nous y soumettre.
La suite: attali.comComment Standard and Poor's prend-t-elle la décision ?
Le Fonds européen de stabilité financière sera-t-il dégradé ?
Que s'est-il passé lorsque les Etats-Unis ont perdu leur AAA ?
Combien de temps faut il pour récupérer la notation triple A ?
Les grands investisseurs devront-ils vendre leurs titres ?
La zone euro va-t-elle perdre de son attractivité ?
Quelles conséquences pour les épargnants ?


