Une suppression des 35 heures signifierait la fin de la majoration salariale perçue par les salariés. Xavier Bertrand n'avait pas manqué de le rappeler en 2008 : "Il faut garder une durée légale du travail en France, et il faut la garder à 35 heures, parce que la durée légale du travail, c'est notamment ce qui permet de mieux payer les heures supplémentaires."
Les 35 heures

Jusqu'à présent tout semblait simple : la gauche défendait les lois Aubry sur les 35 heures au nom de l'emploi et de l'avancée sociale ; la droite les contestait au titre de leur inefficacité et de la "valeur travail". Or il ya quelques jours il a fallu que Manuel Valls (PS) mette le bazar à gauche en prétendant que les 35 heures n'avaient plus leur place dans un monde devenu affreusement compétitif, recueillant les félicitations de l'UMP pour cet aveu d'échec. Etonnant mais cela restait néanmoins intelligible.
Or il a fallu que le chef de l'Etat lui même mette le bazar à droite en prétendant que les 35 heures n'existaient plus puisqu'elles avaient été détricotées au cours des 10 dernières années comme un vulgaire chandail. Du coup il ne resterait des 35 heures que deux choses : une réduction de charges pour les entreprises représentant un coût pour l'Etat de près de 15 milliards par an et un mécanisme permettant de soutenir le niveau des salaires, grâce au paiement d'heures supplémentaires.
Est-ce que les 35 heures n'auraient plus rien à voir avec la durée du travail ?
Polémiste à son compte
La suppression des 35 heures serait synonyme de baisse de salaire
Président de la République
Pour que la France s'en sorte, il faut réhabiliter le travail
POUR
-
Peut-on revenir en arrière?
-
Peut-on revenir en arrière?
-
La mise en oeuvre de la RTT a été l’occasion, pour de nombreuses entreprises, de recourir à la modulation du temps de travail afin d’introduire une organisation temporelle plus « flexible » permettant d’adapter les horaires à l’activité et d’éviter le paiement des heures supplémentaires et des temps morts improductifs
Quel bilan pour la croissance et l'emploi? -
Il s’agit donc, dans une logique de court terme, d’une politique budgétaire de soutien de l’emploi dans les entreprises, ce qui n’est pas à critiquer en période de croissance faible et de chômage élevé.
Quel bilan pour la croissance et l'emploi? -
Laurence Parigot, présidente du MEDEF, a déclaré que "les 35 heures étaient une catastrophe économique". Mais il y a eu d'autres catastrophes économiques : la 5ème semaine de congés payés en 1981, les congés payés en 1936, l'abolition de l'esclavage en 1848. Faut-il retourner comme avant ? A quoi sert le progrès ? Quel est l'objectif du travail ?
A qui profitent les 35 heures? -
C'est un projet de société en chantier, il est normal qu'il faille du temps pour que la mise en place se fasse.
-
Pour des raisons évidentes, les français n'ayant plus trop la tête à bosser. Cela a permis à la France d'atteindre un taux de fécondité de 1,98 enfant par femme, bien supérieur à ceux de ses voisins européens
Le rapport des Français au travail
CONTRE
-
Pour que la France s'en sorte, il faut réhabiliter le travail. Le travail n'est pas une aliénation, c'est le chômage qui est une aliénation. On ne peut pas travailler moins dans un monde qui avance à une vitesse stupéfiante. En réduisant le travail, on réduit la croissance. Pour préserver son système social, la France doit garder son rang de cinquième économie mondiale et donc rompre avec la dévalorisation du travail.
Le rapport des Français au travail -
La défiscalisation (et l'exonération de cotisations sociales) des heures supplémentaires coûte 4 milliards d'euros à l'Etat chaque année. De plus, les entreprises qui ont signé des accords introduisant les 35 heures ont droit à des exonérations supplémentaires chaque année, qui coûtent plus de 15 milliards d'euros par an au contribuable. En période de gel des dépenses publiques, il est indispensable de s'attaquer à un poste de dépenses aussi important que les 35 heures.
-
Est-ce que dans le monde tel qu'il est aujourd'hui, avec la concurrence que nous connaissons, est-ce que nous pouvons nous permettre d'être sur des idées des années 70, 80 et 90? Non!. Le monde a changé depuis 1997 et nous aussi (...) Je prône un dépassement, au nom même d'une augmentation des salaires, d'une augmentation du pouvoir d'achat.
Peut-on revenir en arrière? -
Nous n'avons aucune souplesse sur la durée du travail, si le carnet de commandes baisse, il est assez compliqué pour une entreprise de s'adapter. C'est une caractéristique qui nous différencie de l'Allemagne.
Faisons en sorte que la durée soit conventionnelle plutôt que légale, cela veut dire qu'elle pourrait être différente d'une entreprise à une autre et aussi d'une période à une autre.
-
Quand en 2001, expliqua-t-il, on a fait cette chose étrange, les seuls au monde, les 35 heures qui ont ruiné la compétitivité du pays, dans le même temps M. Schroeder, pourtant socialiste allemand, faisait l’inverse…
-
Les 35h ne sont ni une vache sacrée ni un dogme intouchable et la question du temps de travail n'est pas un débat idéologique. Si des entreprises peuvent se permettre de travailler 30h en étant compétitives et sans coûter aux contribuables, tant mieux ! Mais malheureusement, avec les 35H obligatoires, ce n'est pas le cas ! La gauche a fixé la durée du temps de travail à 35 heures par idéologie, sans aucune logique économique. Elle a dit 35h, elle aurait pu dire 32h. Ce qui nous importe, c'est de partir des faits, pour ne pas tomber dans le même travers que Martine Aubry.
-
On estime le coût des allègements de charges liés aux 35 heures à environ 10 Mds € par an. Si on rapporte ce chiffre aux 400 000 emplois crées, cela représente donc 25 000 € par emploi. Merci les 35 heures pour avoir créé 400 000 emplois entièrement subventionnés par le budget de l'Etat.
NI POUR NI CONTRE
-
Le temps a passé, le surcoût des 35 heures a été amorti par le gel des salaires et les compensations financières. Beaucoup d’entreprises y ont même gagné une organisation plus flexible du travail. Aujourd’hui, la durée effective du travail est devenue très largement contractuelle (les accords d’entreprise prévalent sur la loi), les heures supplémentaires ont été encouragées et même subventionnées. Bref, si l’on excepte la complexité du système, les 35 heures ont vécu.
-
2000: mise en place des lois Aubry de 1998 et 2000, qui ramènent la durée légale du travail de 39 à 35 heures à compter du 1er janvier pour les entreprises de plus de 20 salariés.
2002: au 1er janvier, la loi Aubry est étendue aux sociétés de moins de 20 salariés qui se voient autorisées à ne majorer les heures supplémentaires que de 10%.
2003: Avec le retour de la droite au pouvoir, le nombre d'heures supplémentaires ne donnant pas droit à un repos compensateur est relevé de 130 à 180 heures par an et par salarié par la loi du 17 janvier.
2004: la loi du 4 mai réforme le compte épargne-temps (CET) et instaure des "heures choisies", au-delà du contingent d'heures supplémentaires. Le 22 décembre, le contingent d'heures supplémentaires ne donnant pas droit à un repos compensateur est porté à 220 heures par an et par salarié.
2007: la loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (Tepa), adoptée à l'été, prévoit dans un de ses volets qu'une heure supplémentaire rapporte au salarié 25% de plus qu'une heure normale à partir de la 36e heure, dans la limite de 220 heures par an et par salarié.
2008: la loi du 20 août 2008 portée par Xavier Bertrand maintient une durée légale de 35 heures tout en donnant quasiment toute latitude aux entreprises pour augmenter et organiser le temps de travail, sous réserve d'un accord avec les syndicats ou représentants du personnel.
Quel bilan pour la croissance et l'emploi? -
Le nombre d’heures travaillées est beaucoup plus faible en France, qu’au Japon ou dans les pays anglo-saxons.
D’une part, le nombre d’heures travaillées sur l’année est plus faible. D’autre part, l’âge de départ à la retraite est plus précoce en France. -
En effet, entre 1999 et 2001, les 35 heures on généré une baisse de la durée effective du travail de 7.5%, compensée aux deux tiers par la hausse de la productivité horaire. Or, comme on ne constate pas sur cette même période de baisse du PIB de la France par rapport aux autres pays européens, il faut en conclure que les gains d'emploi sont d'environ de 2.5%, ce qui est d'ailleurs à peu près confirmé par l'évolution de l'emploi en France par rapport à l'Allemagne sur cette même période.
Quel bilan pour la croissance et l'emploi? -
Ex-ministre reconverti dans le business, chroniqueur et analyste, Alain Madelin tord le coup aux idées reçues et aux fausses polémiques.
-
L'UMP va plaider mardi, en présentant son programme économique et social pour 2012, pour la "sortie des 35 heures", en incitant les partenaires sociaux à négocier, branche par branche, aussitôt après les élections, le temps de travail, sans toutefois abolir la durée légale. "Pour créer des emplois en France, il faut sortir des 35 heures en inventant une nouvelle démocratie sociale", peut-on lire parmi la quinzaine de propositions retenues par le parti majoritaire dans le volet économique et social de son programme pour 2012, qui sera dévoilé ce mardi lors d'une convention décentralisée à Lambersart (Nord), près de Lille.
-
La réduction du temps de travail 1997-2003 : dynamique de construction des lois « Aubry » et premières évaluations
-
-
-
-
Près de six Français sur dix (56%) se prononcent contre la suppression des 35 heures, dans un sondage Harris Interactive pour L'Humanité publié vendredi. Si les 35 heures étaient supprimées, 55% des sondés pensent que cela provoquerait une dégradation des conditions de travail et seulement 30% estiment que cela créerait des emplois.
Peut-on revenir en arrière?
Les enjeux du débat
-
Quel bilan pour la croissance et l'emploi?
-
Le rapport des Français au travail
-
Peut-on revenir en arrière?
-
A qui profitent les 35 heures?


