Vous n'allez pas manquer d'arguments !

Le salaire maximum

salaire maximum

«Choquantes»,«extravagantes», voire «obscènes» sont les adjectifs qui reviennent souvent pour qualifier les rémunérations au sommet des grandes entreprises françaises. Le phénomène est bien sûr mondial mais cela n'empêche pas de s'interroger sur le bien fondé de ces pratiques. Elles sont désormais, campagne oblige, dans le collimateur. Les propositions diverses se multiplient, demandant l'instauration d'un salaire maximum de 355 000 euros par an ou d'un ratio de 1 à 20 entre salaire minimum et salaire maximum, mais les partis susceptibles de gouverner restent très réticents, tant la mesure apparaît comme foncièrement anti-libérale.

Les Polémistes sont Pour

29%
71%

Inscrivez-vous pour influencer le débat

Les meilleurs arguments

Dans les démocraties les plus avancées surgira l'idée d'un revenu maximal

Soyons pragmatique : fixer un salaire maximum, c'est difficile. Il vaut mieux agir sur la fiscalité

POUR

  1. Dans les démocraties les plus avancées surgira l'idée d'un revenu maximal [+]

    2
    ARGUMENT

    Elle sera d'abord aussi insupportable aux puissants que le fut, en son temps, l'idée d'un revenu minimal. Puis elle fera son chemin et s'imposera, sans suffire à réduire les injustices, qui tiennent au moins autant à l'absence de mobilité sociale qu'à l'inégalité des revenus. Mais elle permettra, au moins, de donner un peu de réalité à cette proposition supposée fonder la démocratie : tout homme en vaut un autre.

  2. Aucun être humain ne mérite un tel écart [+]

    2
    ARGUMENT

    Ceux qui pouvaient se résigner à en voir d'autres vivre dans une réalité différente de la leur ne pourront admettre durablement que le travail d'une personne soit évalué, dans la même monnaie, 1000 ou 10 000 fois plus que le leur. Aucun être humain ne mérite un tel écart, or les artistes, les inventeurs et tous ceux, infiniment rares, qui changent la nature du monde. En acceptant de voir leurs privilèges ainsi définis par la même unité de mesure que les revenus de survie de leurs employés, les dirigeants des entreprises prennent le risque de déclencher une véritable révolution.

  3. Une revendication sociale et démocratique qui peut emporter l'adhésion du plus grand nombre [+]

    2
    ARGUMENT

    Nous sommes pour imposer un écart maximum de 1 à 20 entre les plus bas et les plus hauts salaires dans chaque entreprise. Même si nous sommes aujourd'hui le seul parti parlementaire à défendre ce plafonnement des hauts revenus, je pense qu'il s'agit d'une revendication sociale et démocratique qui peut emporter l'adhésion du plus grand nombre. Et d'un levier important de partage des richesses.

  4. Les inégalités économiques sont le facteur qui explique le mieux les pathologies sociales [+]

    2
    ARGUMENT

    Deux épidémiologistes anglais (Richard Wilkinson et Kate Pickett, The Spirit Level. Why Equality is Better for Every One, 2009) en ont récemment apporté une belle démonstration en indiquant que l’inégalité économique était le facteur qui expliquait le mieux la manière dont une vaste gamme de pathologies sociales étaient distribuées dans un ensemble de pays riches ainsi qu’entre les différents Etats américains.

    L’anxiété chez les adolescents, les pathologies mentales, l’usage des drogues illégales, l’obésité chez les adolescents comme chez les adultes, la maternité chez les adolescentes, les homicides, le nombre de personnes mises en prison croissent avec les inégalités de revenus. À l’inverse, la confiance dans les autres, l’espérance de vie des hommes à la naissance diminuent avec les inégalités. Lorsque les données sont disponibles, comme c’est le cas pour les performances scolaires des enfants ou pour les taux de mortalité, la comparaison entre deux pays très inégalitaires (les Etats-Unis et le Royaume-Uni) montre que la situation est pire dans le plus inégal des deux pays y compris pour les plus riches. La pollution sociale atteint même ceux qui sont sensés en profiter !

  5. La crise financière l’a montré : les bonus et autres gratifications extravagantes ont été des «pousse-au-crime» [+]

    2
    ARGUMENT

    Elles ont incité les dirigeants à prendre des risques démesurés.

  6. La Constitution permet de fixer un salaire minimum, elle permet donc un salaire maximum. [+]

    2
    ARGUMENT

    Et le rapport de 1 à 20 est quand même large ! N'importe quel chef d'entreprise peut décider de se payer plus, mais il faudra qu'il en fasse autant avec le dernier arrivé en bas de la grille salariale. Les socialistes ont repris l'idée mais pour la limiter aux entreprises publiques. C'est de l'esbroufe !

  7. Avons nous besoin des riches ? [+]

    1
    ARGUMENT
  8. Un monde [+]

    1
    ARGUMENT

    Il y a un monde entre ces petits patrons et les gros mandataires sociaux qui émargent à plus de 2 millions d’euros par an, hors attribution d’actions. Les TPE et PME c’est 60% du PIB, 80% de la création d’emploi et 63% de l’emploi salariés en France.

  9. A plus de 25 000 euros par mois, on vit très bien [+]

    1
    ARGUMENT

CONTRE

  1. Soyons pragmatique : fixer un salaire maximum, c'est difficile. Il vaut mieux agir sur la fiscalité [+]

    2
    ARGUMENT

    Ce qui permet de réduire les inégalités de revenus. Les décisions prises par le gouvernement ne vont pas dans ce sens. Dès le début de la crise, la CFDT a proposé la suppression du bouclier fiscal et la création d'une tranche d'impôt sur le revenu supplémentaire.

  2. Si on ne paie pas les grands patrons comme leurs homologues étrangers, ils vont tout simplement partir [+]

    2
    ARGUMENT

    Nos vrais ennemis : les paradis fiscaux

  3. le salaire est une affaire privée entre un employeur et son salarié [+]

    1
    ARGUMENT

    Les statuts d'une société sont un contrat accepté par les actionnaires. Ce contrat explique comment l'argent de chaque actionnaire est utilisé. Ce contrat explique aussi le rôle du mandataire social, c'est a dire le directeur. Le directeur est mandaté par chaque actionnaire, sans exception, pour utiliser l'argent confié par chaque actionnaire.

    Ce contrat explique aussi comment chaque actionnaire est nécessairement d'accord avec la décision de l'Assemblée Générale. Ce contrat explique ainsi comment chaque actionnaire, sans exception, a donné son accord, a priori, pour la gestion du directeur. Les statuts stipulent aussi que la totalité de l'argent de la société appartient aux actionnaires. C'est au directeur d'en disposer dans l’intérêt des actionnaires.

    La rémunération du directeur de la société est ainsi une affaire privée entre les actionnaires et le directeur. C'est l'argent de la société, c'est à dire l'argent de chaque actionnaire, qui est ainsi versé au directeur. Le rôle de l'Etat n'est pas de protéger l'argent des actionnaires contre les agissements d'un directeur qui demande un salaire qui serait jugé excessif par des tiers à la société.

  4. Impôts : l'important c'est ce qui reste. [+]

    1
    ARGUMENT

    En effet, l'outil de l'impôt est plus pratique. Christine Lagarde, qui défend l'idée de protéger les revenus par un bouclier fiscal au delà de 50%, se trompe :
    1 - L'important n'est pas ce qu'on paye en impôts, c'est ce qui reste.
    2 - L'impôt corrige les effets destructeurs du capitalisme en redistribuant les nécessités au détriment des gaspillages. Autrement dit : faut-il plus de yachts (polluants) à St Tropez que de crèches en banlieue?
    3 - L'impôt permet des placements vitaux à long terme que le capitalisme est incapable de faire (Cf l'exemple des yachts).
    4 - En comptabilité on réalise une sorte d'impôt privé en bloquant de l'argent pour amortissement par exemple, afin de pouvoir renouveler son actif de machines, de structures etc... Finalement, les comptes de réinvestissement sont là pour préserver l'avenir de l'entreprise, si elle est bien gérée. Sinon elle dilapide tout en salaires exagérés, en stock option, en voyages de luxe etc. L'"impôt sociétal ainsi vu", au delà de 50%, est donc un signe de bonne gestion au niveau de l'entreprise responsable. Pourquoi pas au niveau de l'état?
    5 – Et pleins d'autres arguments.

Ils sont pour

Portrait de Jacques Attali
Portrait de Jean-Luc Mélenchon
Portrait de Thomas Piketty
Portrait de gidmoz

Ils sont contre

Portrait de François Chérèque

Modérateur

Portrait de Polemix
Polemix
Polémiste à son compte
476

Dossier

Il y a 3 types de patrons français [+]

1
ARGUMENT

Le premier est né avec une cuillère en argent dans la bouche (Martin Bouygues, Arnaud Lagardère, Bettencourt mère et fille). S'il se révèle trop mauvais gestionnaire, il se recycle à la tête du Medef (Seillères, Parisot). Il est évidemment qu'aucun pays au monde ne l'embauchera pour diriger ses entreprises.

Le second a passé à 20 ans un concours d'entrée à une grande école, généralement à base de droit administratif (ENA). Il peut se révéler bon ou mauvais gestionnaire, cela n'aura que très peu d'effet sur sa carrière (sauf si comme Messier, il arrive à ruiner son entreprise...), ce qui compte pour son avancement ce sont ses relations avec le monde politique. On gagnerait donc à lui verser un salaire de haut-fonctionnaire, ça correspond à ce qu'il est vraiment et ça ferait des économies à tout le monde.

Le troisième dirige une PME, travaille beaucoup et gagne à peine mieux sa vie que bien des cadres sup. Il n'est donc absolument pas concerné par cette proposition qui vise ceux qui gagne 20 ou 30 fois le SMIC (soit un salaire net mensuel de 20 000 à 30 000€!!), mais comme par une curieuse illusion d'optique, il s'imagine faire partie de la même catégorie que les patron 1 et 2, comptez sur lui pour donner de la voix et faire capoter tous projets en ce sens.