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La taxe Tobin

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Des professeurs d'économie du monde entier viennent de signer une lettre réclamant de toute urgence une taxe sur les transactions financières aux ministres des Finances du G20 et (après tout pourquoi pas) à Bill Gates. Cette taxe Tobin est déjà défendue par plusieurs gouvernements européens, notamment la France. L'objectif est triple : demander au secteur financier de rendre une partie de ce qu'il a piqué dans la caisse, limiter la spéculation et financer des biens publics et les conséquences du changement climatique.

La taxe Tobin, rebaptisée parfois taxe Robin des Bois, est une idée ancienne (suggérée en 1972 par James Tobin, lauréat du prix Nobel d'économie), jusqu'à encore récemment considérée par une grande majorité d'économistes comme rétrograde car limitant les échanges et étant peu efficace et praticable. Aussi, on peut s'étonner d'assister aujourd'hui à ce qu'il faut considérer comme un revirement.

D'un coté on pourrait penser que la science économique a mûri sa remise en cause du libéralisme à outrance ; de l'autre que nous ne sommes pas dans le domaine de la rationalité. D'autant que sur la forme la lettre ressemble plus à une déclaration politique qu'à une étude de 3000 pages. Mille économistes, issus des plus prestigieuses universités, prenant ensemble parti pour une cause alors qu'ils ont l'habitude de s'affronter sur les pires querelles techniques, adoptant une vision naïve voire manichéenne du monde, cela ne doit pas manquer de nous questionner.

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Les meilleurs arguments

Taxation des transactions financières : 13 ans de retard !

Il est impensable de prétendre contrôler le mouvement sur les devises au moyen d’une taxe.

POUR

  1. Taxation des transactions financières : 13 ans de retard ! [+]

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    ARGUMENT

    Monsieur Barroso vient de proposer l'instauration de la taxe Tobin en Europe.

    C'est treize ans de retard depuis la création d'Attac et douze depuis que j'ai déposé pour la première fois cette proposition au Sénat le 1er décembre 1999 (sous la forme d'un amendement soutenu à l'époque par 46 sénateurs).

    Cet évènement est un démenti cinglant à tous ceux qui prétendaient cette mesure impossible. Cela prouve qu'il est possible comme le demande le Front de Gauche de désobéir au Traité de Lisbonne qui interdit les limitations à la libre circulation des capitaux. Cela démontre aussi qu'il est possible d'appliquer cette taxe à un groupe de pays sans attendre que tous les autres pays l'aient décidé, comme l'envisage Barroso avec un projet de coopération renforcée.

    Je déplore que la proposition Barroso envisage une taxation réduite pour les produits dérivés, alors que ce sont les transactions les plus massives et nocives pour l'économie réelle.

    Dans ces conditions, et sans attendre une éventuelle décision européenne en 2014, j'appelle à l'application immédiate en France d'une taxation des transactions financières, comme nous y autorise déjà l'article 235 ter ZD du code des impôts.

  2. Des milliards de transaction échappent à toute taxation, c'est le seul domaine économique dans ce cas-là. [+]

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    ARGUMENT

    Il faut un nouveau fonds anti-spéculatif avec du nouvel argent, tiré d'une taxe sur les flux financiers (...) Des milliards de transaction échappent à toute taxation, c'est le seul domaine économique dans ce cas-là.

    Les crises servent à se rendre compte des évidences, il ne peut pas y avoir un monde spéculatif et puis un monde de la réalité de terrain où les gens se battent tous les jours (...) Ce fossé ne sera pas durablement supportable.

CONTRE

  1. Il est impensable de prétendre contrôler le mouvement sur les devises au moyen d’une taxe. [+]

    1
    ARGUMENT

    La situation du marché des changes n’est plus celle de l’époque où a été imaginée la taxe Tobin, tant par la sophistication des produits financiers que par le volume considérable des échanges.

  2. Dangereuse [+]

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    ARGUMENT

    En voulant frapper les transactions censées déstabiliser les marchés des changes, on affecterait dangereusement les transactions positives qui accroissent l’efficacité des marchés, celles qui permettent à des exportateurs ou à des importateurs de se protéger contre les risques de change. De plus, une taxe même minime deviendrait prohibitive pour des activités utiles comme celles des « day traders » qui effectuent des milliers d’opérations d’aller-retour dans des temps très courts sur des écarts très faibles.

  3. Tous ces irresponsables et inconséquents sont dans le droit fil de la conception de l'économie qui nous a mené à la crise [+]

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    ARGUMENT

    Il ne faut pas plus écouter les économistes que les financiers, qui avec leurs créations conceptuelles déconnectées de la réalité nous ont mené au désastre.

  4. Une taxe mise en œuvre à la seule échelle européenne déclencherait un exode massif de l'activité financière hors de l'Union européenne [+]

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    ARGUMENT

    Cet argument relève plus de la mauvaise foi que de l'analyse sérieuse des faits. L'Europe est une puissance économique clé.

  5. Pas de raison d'être plus tobinophile que Tobin [+]

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    ARGUMENT

    Dans un entretien accordé par l'économiste américain James Tobin à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, le «père» de la taxe Tobin n'y cache pas ses réticences à l'encontre de ceux qui ont fait de son idée un symbole de la lutte antimondialisation.

    James Tobin affirme ne pas avoir «le moindre point commun avec ces "casseurs de carreaux" anti mondialisation». Selon lui, les positions des mouvements comme Attac «partent d'un bon sentiment mais sont mal pensées».

Ils sont pour

Portrait de Jean-Louis Borloo
Portrait de Jean-Luc Mélenchon

Ils sont contre

Portrait de Alain Madelin

Modérateur

Portrait de Polemix
Polemix
Polémiste à son compte
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Dossier

Taxe Tobin [+]

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La taxe Tobin, suggérée en 1972 par le lauréat du « prix Nobel d'économie » James Tobin, consiste en une taxation des transactions monétaires internationales afin de ne plus inciter à la spéculation à court terme. Le taux choisi serait faible, de 0,05 % à 1 %.

L'idée du professeur Tobin a connu un certain engouement depuis la crise mexicaine de 1992-1994. Le projet a été évoqué au sein de l'ONU et du G7 d'Halifax en 1995. Robert Mundell a argumenté que cela constituerait une incitation puissante à la mise en place de monnaies communes comme l'euro.

Depuis sa fondation en 1998, l'association ATTAC défend, entre autres, l'idée de l'instauration de cette taxe et participe au mouvement altermondialiste. Elle s'est depuis implantée dans beaucoup de pays, et propose des analyses étudiant la possibilité pratique de la mise en place de la taxe.

La suite: fr.wikipedia.org
Lettre adressée au G20 par 1000 économistes (anglais) [+]

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ARGUMENT

Dear G20 Finance Ministers and Bill Gates,

We write to you as the call for a Financial Transaction Tax is now gathering global momentum, and the French government has made it a key priority for their G20 presidency.

This tax is an idea that has come of age. The financial crisis has shown us the dangers of unregulated finance, and the link between the financial sector and society has been broken. It is time to fix this link and for the financial sector to give something back to society.

Even at very low rates of 0.05% or less, this tax could raise hundreds of billions of dollars annually and calm excessive speculation. The UK already levies a tax on share transactions of 0.5%, or ten times this rate, without unduly impacting on the competitiveness of the City of London.

This money is urgently needed to raise revenue for global and domestic public goods such as health, education and water, and to tackle the challenge of climate change.

Given the automation of payments, this tax is technically feasible. It is morally right.

We call on you to implement the FTT as a matter of urgency.

Yours.