Guillon et Porte viennent d'être virés ou plus exactement ne sont pas reconduits dans la prochaine grille de Radio-France. Evidemment cela révèle quelque chose du fonctionnement actuel des médias, mais quoi? Première constatation, Porte et Guillon sont des humoristes pas des chroniqueurs politiques. Seconde constatation, ils s'attaquent aux personnages de tous bords (Sarkozy et Besson mais aussi Aubry et DSK), férocement et sans concession. J'en conclus que ce qui arrive aujourd'hui n'est pas le fait de la censure politique mais plutôt le fait d'une censure morale qui vise la violence et le style des propos des humoristes. Il y a quelque chose de radicalement familier voire de pornographique dans les descriptions physiques de Guillon ou dans les dialogues de Porte qui choque profondément nos 'élites'. Voilà à mon sens ce qui est censuré aujourd'hui.
La censure est-elle de retour ?
![[title] [filefield-onlyname]](http://www.polemistes.com/sites/default/files/imagecache/debat/censure.jpg)
Si vous êtes humoriste et que vous n'avez jamais reçu une réprimande, un avertissement de votre chef ou au moins une petite citation à comparaître, il serait peut être temps que vous pensiez à changer de métier, vous n'êtes probablement pas très drôle. On ne compte plus les patrons de médias qui, de leur propre chef ou sous la pression des politiques, doivent s'excuser platement devant les écarts des troublions de service, Timsit, Guillon, Porte, priés plus ou moins amicalement de modérer leurs propos. Le chef de l'Etat lui-même, en multipliant les procédures judiciaires contre les journalistes n'a sans doute pas beaucoup contribué à créer une bonne ambiance dans les rédactions. Encore pire, l'entrevue suspecte de Nicolas Sarkozy avec Eric Fottorino, le directeur du Monde, en pleine bataille pour le rachat du quotidien fait grincer beaucoup de dents. La profession n'y tient plus et vient de publier un éloquent appel du 18 juin, qui dénonce des intimidations et des manoeuvres financières visant à restreindre la liberté de la presse.
Les enjeux du débat
Les arguments du débat
Censure politique ou censure morale?
Polémiste à son compte
Il est normal qu'un journal puisse choisir son style et son ton
POUR
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Censure politique ou censure morale?ARGUMENT 01 sept. 11
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Appel du 18 juin 2010 de RSF pour une presse libreActualité 03 oct. 11
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C'est un magnifique lancement de sujet que j'ai lu avec d'autant plus de délectation que le sujet initial faisait aussi référence à Dieudonné, qui a mystérieusement été censuré :D
Ce lancement est mille fois plus spirituel que le mien, j'aime beaucoup, vraiment, mais on se demande, pour un tel sujet, pourquoi Dieudonné a justement été censuré ? :D
Donc je réponds oui, sans nul doute la censure est d'autant plus de retour qu'il n'y a plus besoin d'exercer de pressions pour éviter les mots qui fâchent.
L'auto-censure fonctionne à merveille, good job !Par souci de cohérence, Dieudonné agit seul et pas dans le cadre d'un organe de presse
CONTRE
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Que des patrons de presse réprimandent leurs journalistes ou humoristes lorsqu'ils sont clairement en opposition avec le style et le ton du journal pour lequel ils travaillent cela ne me choque pas. Il est normal que les journaux choisissent librement leur style et visent un certain type de lectorat. Je ne vois pas pourquoi tous les journaux devraient ressembler à Marianne ou utiliser le même langage que Bigard, cela s'appelle la diversité.
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ExagérationARGUMENT 31 août 11
Parler de censure dans des affaires de remontrances ou à cause des déclarations de certains dirigeants dénonçant la violence des attaques des humoristes me paraît tout à fait exagéré. Par définition, aucune censure n'a eu lieu puisque les humoristes se sont bien exprimés et leurs propos n'ont pas été coupés. Voilà pour la censure. Pour ce qui est de l'auto-censure qui est qaund même autre chose, je doute que les principaux impliqués se sentent intimidés. Guillon, par exemple, à chaque fois qu'il a été interrogé sur le sujet m'a semblé bénéficier d'une liberté de ton incompatible avec une quelconque auto-censure.
Modérateur
Chronologie
Dossier
Au mois d'octobre 2008, la société TEAR PROD a publié un ouvrage intitulé « Nicolas SARKOZY le manuel vaudou » vendu dans un coffret cartonné contenant :
1. le livre illustré en couverture par une figurine de Nicolas SARKOZY, plantée de trois aiguilles,
2. une poupée de tissu, correspondant à la figurine, et recouverte de diverses mentions (Casse-toi, pauvre con !; Travailler plus pour gagner plus, Racaille, Ouverture, Tu l'aimes ou tu la quittes, Fouquet's, Paquet fiscal...) ;
3. un lot de douze aiguilles.
Ce coffret portait enfin la mention suivante :
« Vous détestez Nicolas SARKOZY parce qu'il est trop de droite ?
Vous méprisez Nicolas Sarkozy parce qu'il n'est pas assez de droite ? (...)
Respirez. Car c'est là que le manuel vaudou Nicolas Sarkozy entre en jeu.
Grâce aux sortilèges concoctés par le spécialiste en sorcellerie Yaël Rolognese, vous pouvez conjurer le mauvais oeil et empêcher Nicolas Sarkozy de causer davantage de dommages.
Alors qu'attendez-vous ? (...) Agissez au plus vite et commencez à reconstruire le paysage politique français grâce au manuel vaudou Nicolas Sarkozy ».
L’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 apporte une limite au fait que chacun puisse révéler sa pensée à autrui notamment par l’idée que l’expression est libre, sous la seule réserve des abus auxquels elle donnerait lieu.
L’exemple le plus criant se trouve à l’article 14 de la loi du 16 juillet 1949 sur « les publications présentant un danger pour la jeunesse, lesquelles peuvent faire l’objet, par arrêté du ministre de l’Intérieur, de restrictions quant à leur diffusion et commercialisation lorsqu’elles présentent « un danger pour la jeunesse en raison de leur caractère licencieux ou pornographique ou de la place faite au crime, à la violence, à la discrimination ou à la haine raciale, à l’incitation à l’usage, à la détention ou au trafic de stupéfiants ».
Ce régime d’interdiction administrative dit préventif ne se rencontre pas uniquement dans le cadre de la presse mais trouve également application pour le cinéma (régime d’autorisation préalable des films au niveau national) ou encore pour la communication audiovisuelle ( avec les lois des 30 septembre 1986 et 17 janvier 1989 qui contribuent à instituer de nouvelles instances de régulation de l’audiovisuel ).
La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse limite également la liberté d’expression par l’instauration d’un régime répressif en prévoyant des incriminations pénales pour la diffamation et l’injure. L’article 29 de la même loi définit la diffamation comme étant « Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé » et l’injure comme étant « toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait ».
La liberté d’expression rencontre aussi une sévère limitation quant au respect de la vie privée ( article 226-1 du Code pénal ) et du droit à l’image. L’affaire du Grand secret ou le médecin de l’ancien président de la République François Mitterrand s’était vu interdire la diffusion de son livre pour violation du secret médical en est une belle illustration (Paris 23 mai 1997 et Civ. 1ère 14 décembre 1999, JCPG 2000,II,10241, concl. C. Petit).


