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Austérité pour la Grèce

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Les Grecs ont sacrément déconné, personne ne le nie. Non contents de vider les caisses de l'Etat pendant des années, ils ont cru bon de maquiller les comptes publics puis de dévoiler le pot aux roses, très opportunément, en pleine crise, voilà de quoi certainement leur en vouloir. Mais faut-il pour autant tordre définitivement le cou à ce pays sympathique? Pour rassurer les marchés et l'Allemagne hésitante, on a fini par imposer à la Grèce un plan d'austérité sans précédent menant le pays à la déflation et peut-être à la récession alors même que les autres pays européens prendraient plutôt le parti, inverse, de ne pas interrompre trop tôt leurs plans de relance. Injustice? Crise sociale explosive? Cette position serait-elle intenable?

Les Polémistes sont Contre

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Les meilleurs arguments

L'austérité est la meilleure voie pour les Grecs

Humilier la Grèce est une erreur stratégique

POUR

  1. L'austérité est la meilleure voie pour les Grecs [+]

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    ARGUMENT

    Les mesures prises sont la meilleure voie pour assurer progressivement une meilleure situation à la population grecque, aussi bien en termes de croissance que d'emploi. Cet ajustement est nécessaire. Il est la meilleure façon de rendre la croissance et la gouvernance durables.

  2. Plan déflationniste [+]

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    ARGUMENT

    Comme cela a été expliqué par DSK, l'objectif est la déflation. La Grèce, qui souffre d'un problème de compétitivité, ne peut dévaluer sa monnaie qui est l'euro. Pour augmenter sa compétitivité il faut abaisser le coût de la main d'oeuvre et donc faire baisser les salaires, ce qui aura pour conséquence de faire baisser les prix. Les produits grecs deviennent ainsi plus compétitifs.

  3. Un plan annoncé comme massif et brutal mais qui ne sera probablement jamais réalisé [+]

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    ARGUMENT

    Le plan d'austérité vise à rassurer le plus possible les marchés pour qu'ils cessent de spéculer contre la Grèce et ainsi la Grèce puisse à terme se refinancer normalement sur les marchés financiers. Pour faire cesser la spéculation le financement apporté par l'Europe et le FMI doit être massif et le plan d'austérité brutal, seules mesures susceptibles d'être un contrepoids crédible à la panique des marchés.

  4. A la mesure de la scandaleuse fraude fiscale qui est le sport national [+]

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    ARGUMENT

    Selon toutes les études, y compris des études menées par des instituts grecs, la fraude fiscale en Grèce est absolument massive. Sport national, elle représenterait près de 30 Milliards d'euros par an. En résumé, les grecs refusent de payer pour leurs services publics et demandent maintenant aux contribuables français, allemands, italiens de payer à leur place sous la menace de la faillite. Scandaleux.

CONTRE

  1. Humilier la Grèce est une erreur stratégique [+]

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    ARGUMENT

    Humilier la Grèce en donnant le sentiment qu'elle est totalement sous la tutelle, c'était la proposition des Allemands, c'est une erreur stratégique.

    Les peuples sont aujourd'hui en train de se révolter et n'acceptent plus que l'on rajoute de l'austérité à de la rigueur, de la rigueur à l'austérité.

  2. Apprendre aux pays en difficulté à mourir guéri [+]

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    ARGUMENT

    On assiste au retour en force de l'esprit du consensus de Washington et des anciennes pratiques du FMI : "Apprendre aux pays en difficulté à mourir guéri". En trois ans, la Grèce aura perdu plus de 10 % de son produit intérieur brut (PIB). Quel effort raisonnable peut-elle réaliser dans ces conditions pour réduire son déficit ?

    On lui demande de privatiser, mais qui ne connaît les vautours du marché ? Comment voulez-vous qu'un pays aux abois négocie au mieux ses privatisations ? Il aurait fallu mettre ses entreprises publiques dans une structure, les évaluer à un prix raisonnable, donner l'argent correspondant aux Grecs et consolider ces actifs et les vendre au bon moment. C'est du bon sens.

  3. Cette rigueur martyrise le peuple grec [+]

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    ARGUMENT

    Les plans d'austérité successifs dictés par l'Union européenne et le FMI ont complètement asphyxié l'activité du pays (avec une récession de 4,5 % contre 3,5 % prévue initialement pour cette année), cette rigueur martyrise le peuple grec et se solde par une aggravation rapide du déficit qui est déjà au 1er semestre 2011 au niveau prévu pour l'ensemble de l'année. C’est cette médecine mortelle que le plan Fillon propose d’appliquer à notre pays. Pas de ça en France !

    Ces pompiers pyromanes doivent être stoppés. Comme je l'ai proposé depuis plus d'un an (notamment sur Europe 1 le 29 avril 2010), l'incendie peut être immédiatement éteint si la Banque centrale européenne prête directement à la Grèce aux taux réduits auxquels elle prête aux banques.

  4. Un effort démesuré compte tenu du contexte [+]

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    ARGUMENT

    L'effort budgétaire demandé à la Grèce est considérable. Il s'agit de faire passer son déficit budgétaire de 14% du PIB à 3% en 3 ans. C'est l'un des plans les plus rigoureux jamais mis en place par le FMI. Mais surtout il intervient en période de récession, la Grèce ne pourra donc pas compter sur la croissance pour augmenter ses revenus fiscaux.

Ils sont pour

Portrait de Jean-Claude Trichet

Ils sont contre

Portrait de Manuel Valls
Portrait de Jean-Luc Mélenchon
Portrait de Jacques Delors

Modérateur

Portrait de Polemix
Polemix
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Activité

Dossier

Austérité éternelle? [+]

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ARGUMENT

Admettons que la Grèce applique un plan lourd d'austérité et que le peuple grec finisse (à contre coeur, bien sûr) par s'y soumettre. La situation finira-t-elle par se redresser ? Et en combien de temps ? Ou au contraire, l'austérité sera-t-elle si forte que les grecs resteront perpétuellement dans la misère ? Quel sera le niveau plancher qu'ils atteindront ? De plus, comment la charge de cette austérité sera-t-elle socialement répartie ?
Enfin, pour les autres pays en difficulté (Portugal, Espagne, Italie et même... France), faut-il se poser la même question ? Est il sûr, qu'une fois le cas grec réglé, le problème ne se situera pas autre part ? Et quel sera l'impact sur les autres pays de la zone euro qui semblent se porter mieux? Et QUID dans le reste du monde ?
C'est ce que j'aimerais que nos brillants économistes calculent.

Les mesures envisagées [+]

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ARGUMENT

Les mesures envisagées inclueraient une réduction de 30% du 13e mois et de 60% du 14e mois de salaire touchés par les employés du secteur public, une réduction de 7% des revenus et des primes des entreprises publiques et organismes financés par l'Etat.
L'une des mesures les plus spectaculaires, selon le Financial Times, consisterait à porter l'âge moyen du départ en retraite de 53 à 67 ans! Un gel des retraites des salariés des secteurs public et privé serait par ailleurs décidé. L'Etat va également réduire de 10% son financement aux caisses de retraite de l'entreprise publique d'électricité (DEI) et de l'opérateur grec des télécoms (OTE). Enfin, les programmes d'investissements publics vont être réduits de 500 millions d'euros, ceux prévus pour l'Education nationale de 200 millions.
Côté recettes, de nombreuses taxes seraient relevées: la TVA va augmenter de deux points (de 19% à 21%), les taxes sur l'alcool bondiraient de +20% et celles sur le tabac de +63% à 65%. Idem pour les carburants (+8 centimes par litre d'essence et +3 centimes par litre de diesel). le gouvernement va également instaurer de nouvelles taxes sur des produits de luxe (voitures de luxe, yachts, hélicoptères privés, etc.). Enfin, la réforme fiscale adoptée le 14 avril dernier par le Parlement grec prévoit une plus forte imposition des hauts revenus, de la fortune foncière de l'Eglise de Grèce et un renforcement de la lutte contre la fraude fiscale.