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Affaire EADS : impunité pour les délits d'initiés?

Les délits d'initiés sont-ils impunis?

En décidant de mettre "hors de cause" tous les protagonistes cités dans l’affaire de délits d’initiés chez EADS, soit les 17 anciens ou actuels responsables de la maison-mère d’Airbus ainsi que trois sociétés, EADS, Daimler et Lagardère, l'AMF fait un tollé. Et pour cause, pour le parfait quidam il paraît peu vraisemblable que les ventes d'actions opérées par les actionnaires et dirigeants d'EADS juste avant l'annonce de retards sur l'A380 soient le fruit du hasard.

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Les meilleurs arguments

1 initié, ça va, 17, bonjour les dégats....

POUR

  1. 1 initié, ça va, 17, bonjour les dégats.... [+]

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    ARGUMENT

    1 personne qui a l'intuition de réaliser ses actions avant la baisse, tant mieux pour elle, c'est de la chance. Deux, c'est extraordinaire, mais ça passe. Trois, c'est exceptionnel, ça passe, à l'extrême rigueur. Mais 17, c'est un délit d'initié caractérisé. Les juges qui ne l'ont pas vu sont soit des niais soit des salauds. Laissons leur le choix.
    Quant aux dirigeants de trois sociétés impliquées, ils ajoutent à la démonstration un caractère irréfutable.

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Dossier

Quand il y a des centaines d'initiés, c'est plus un délit [+]

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Tout le monde savait que cet avion était mal branlé, tout le monde vous le dira à Toulouse.

Colette Neuville crie au scandale [+]

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Colette Neuville, présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires, déclare que cette conclusion constitue "un véritable scandale".

"Cette décision va avoir un effet catastrophique sur l'opinion publique", a indiqué Colette Neuville, ajoutant redouter l'impact d'une telle décision sur "l'homme de la rue, surtout en temps de crise".

"Circulez, il n'y a rien à voir: c'est ce qu'on nous dit", a dit Colette Neuville.

Extrait du communiqué de l'AMF du 17 décembre 2009 [+]

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....la Commission écarte le grief formulé à l’encontre de 7 cadres du groupe auxquels il était fait reproche d’avoir, entre le 8 et le 21 mars 2006, procédé à des ventes de stock options en utilisant une information privilégiée. L’information ainsi invoquée était relative non à une donnée financière (connaissance de résultats ou de l’imminence d’une opération sur le capital…), mais à une donnée de type industriel : la connaissance de retards de fabrication du gros porteur A.380 qui avaient été évoqués lors de la réunion de deux instances d’Airbus, les 17 février et 1er mars 2006.

La Commission a estimé que la connaissance de ces retards – distincts de ceux ayant constitué la matière du communiqué du 13 juin 2006, à la suite duquel le cours du titre EADS a baissé de 26 %- ne constituait pas une information privilégiée, c'est-à-dire, selon la définition donnée par l’article 621-1 du règlement général de l’AMF, « une information précise (…) qui, si elle était rendue publique serait susceptible d’avoir une influence sensible sur le cours des instruments financiers » correspondants. Avant de parvenir à cette conclusion, la Commission – qui a souligné d’emblée qu’il convenait de considérer exclusivement les données existant à la date des faits reprochés, abstraction faite de celles apparues en juin 2006- a relevé notamment :

- que les difficultés du processus industriel évoquées lors des réunions des 17 février et 1er mars « n’apparaissaient pas (…) comme étant d’une nature substantiellement différente de celles usuellement rencontrées en matière aéronautique et susceptibles d’être surmontées par la mise en œuvre de mesures d’amélioration du processus de production » ; notamment, ces difficultés étaient de bien moindre ampleur que celles, distinctes, ayant donné lieu au communiqué du 13 juin 2006 ;

- « que ces retards ou difficultés du processus industriel constituaient alors une préoccupation habituelle à ce stade de la fabrication et sans commune mesure avec celle, primordiale car conditionnant l’ensemble du processus de livraison, relative à la nécessité d’obtenir en temps utile la certification de l’appareil, laquelle est intervenue en décembre 2006 avant la date prévisionnelle de livraison du premier appareil » ;

- que le programme conçu en mars 2006 pour adapter à la situation évoquée les 17 février et 1er mars le planning de production antérieur maintenait à 26 –contre 27 antérieurement- le nombre des livraisons prévues pour 2006 et 2007 et s’agissant du calendrier de ces livraisons, prévoyait que 7 d’entre elles seraient retardées de deux mois au plus, les 19 autres étant affectées de délais supplémentaires ne variant qu’entre 3 et 5 mois ; en cela ce plan différait fondamentalement de celui ayant donné lieu au communiqué du 13 juin, qui ne prévoyait plus que la livraison de 10 appareils jusqu’à la fin de 2007.

De ces constatations la Commission a déduit « … qu’il ne résulte pas de l’instruction que, dans le contexte existant à la date des faits reprochés, l’information invoquée par les notifications de griefs ait (…) été susceptible d’avoir une influence sensible sur le cours du titre EADS ».

La ligne de défense de Noël Forgeard [+]

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Noël Forgeard affirme que la direction d'EADS n'avait pas connaissance des retards de l'A380 et que la vente de ses stock-options juste avant la baisse est une coïncidence.

Dans une interview donné à France 2 le 24 octobre 2007, Noël Forgeard se dit innocent de tout délit d'initié et dénonce un « phénomène de dissimulation de retards dans l'usine de Hambourg » pour expliquer sa méconnaissance des retards d'Airbus au moment de la vente de ses stocks options.

Dans le Figaro du même jour, il affirme : « Dans un programme de cette ampleur (l'A380), vous avez des problèmes partout. Mais en face de chaque difficulté, la direction d'Airbus avait mis en place un plan d'action (...) Je n'avais aucune raison de ne pas leur faire confiance. Je les croyais. J'avais raison, sur la plupart des points (...) En mars, Gustav Humbert, président d'Airbus, a prononcé cette phrase mémorable lors d'un conseil d'administration: "Mc Kinsey - dont les consultants sont allés à l'usine de Hambourg - n'a rien trouvé que nous faisions mal." A mon avis, les dirigeants allemands n'ont pas dissimulé les difficultés de l'usine de Hambourg. Je pense que la dissimulation a été très locale. Les responsables de l'usine de Hambourg n'ont rien dit car ils ont cru qu'ils allaient résoudre les problèmes. Ils l'ont fait par un réflexe de fierté inopportune. Au lieu de demander de l'aide, ils ont poussé la vague devant eux. Comment - en tant que coprésident d'EADS - aurais-je pu être au courant si ceux qui étaient en charge directe de l'A380 ne l'étaient pas? Si le moindre élément de faute avait pu être trouvé contre moi, il aurait été exploité à mort (...) La rumeur continue à courir les rues, les rédactions des journaux. Je suis véritablement indigné. Je suis formel: il n'y a pas eu de délit d'initiés mais un dysfonctionnement local majeur ».

Chronologie des faits [+]

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7 mars 2006 : Selon La Tribune, M. Forgeard obtient l'autorisation de vendre ses stock-options. Il engrange une plus-value de 2,5 millions d'euros

4 avril 2006 : Lagardère et DaimlerChrysler, principaux actionnaires d'EADS vendent chacun une participation de 7,5% pour un produit d’environ 2 milliards d’euros

14 juin 2006 : Suite à l'annonce d'importants retards dans le programme de l'A380, le titre EADS s’effondre de 26% clôturant à 18,73 euros

12 décembre 2006 : L’Airbus A380 reçoit la certification de la part de l’Agence Européenne de la Sécurité Aérienne (AESA) et de la Federal Aviation Administration (FAA)

3 octobre 2007, un rapport de l'AMF accuse une vingtaine de dirigeants d'EADS de délits d'initié massifs et d'avoir rendu tardivement publiques les difficultés d'Airbus