ARGUMENT
13 janv. 12
Ce matin, tout le monde débattait d'une inscription du mariage homosexuel dans le projet de Nicolas Sarkozy et maintenant, nous perdons le triple A... Je souligne le décalage dans l'urgence des décisions à prendre.
Ce matin, tout le monde débattait d'une inscription du mariage homosexuel dans le projet de Nicolas Sarkozy et maintenant, nous perdons le triple A... Je souligne le décalage dans l'urgence des décisions à prendre.
Parce que cette règle est écrite de telle manière que les taux exigés pour emprunter ne doivent pas être supérieurs au taux de croissance. Le déficit maximum est en effet calculé en fonction du PIB et non pas des recettes de l’Etat. Si le taux d’intérêt s’élève au dessus du taux de croissance le rapport dette / PIB se dégrade inéluctablement. Avec la perte du triple A qui fera monter les taux d’intérêt, pour ne pas aggraver « l’infraction » par rapport au pacte de stabilité, la France devra connaître un taux de croissance encore plus élevé. C’est une imbécillité totale. Sans ce pacte de stabilité financière le coup serait beaucoup moins grave.
L’Italie, par exemple, est désormais à des taux de 5 ou 6 %, avec un exigence de croissance impossible à satisfaire. Dans le même temps, la hausse des taux d’intérêts due à la perte du triple A va imposer un plan de rigueur qui va freiner la croissance. C’est ce que j’appelle l’effet ciseaux. D’un côté on fait baisser la croissance, ce qui conduit à une dégradation de la notation et la dégradation de la notation fait monter les taux d’intérêts. Plus il y a de rigueur, plus ça se dégrade. On a mis en place un machine infernale.
Je ne fais pas de spéculation, je ne fais pas de pronostic, ce n'est pas moi qui ai dit que ce serait la perte d'un trésor national, ce n'est pas moi qui ait dit non plus que ce serait pas un cataclysme comme un membre éminent du gouvernement vient de le confesser
La dégradation de la note de la France traduit l'échec de la politique du gouvernement et l'échec de la politique de Nicolas Sarkozy, de ses cadeaux fiscaux, et démontre que la politique d'austérité qui n'était pas demandée par les agences de notation de cette façon, a été inopérante. Plus que jamais, il est temps de redresser la barre, l'austérité ça ne sert à rien, comme on le voit en Grèce car alors le pays se bloque et l'économie se dégrade.
L'agence américaine Standard & Poor's devrait, après la clôture de Wall Street, abaisser la note souveraine de la France , ainsi que celle de la majorité des pays de la zone euro. Italie, Espagne et Portugal, eux, seraient dégradés de deux crans. Les Pays-Bas, l'Allemagne et Luxembourg et Finlande seraient épargnés. Lire la suite